LE PRINTEMPS POURRI MODIFIE PEU LES HABITUDES DE VOYAGE DES SUISSES

Les agences de voyages ne constatent pas de ruée particulière vers les pays chauds. Mais une tendance existe pour les vacances d’automne.

Alors que le mois de juin est bien avancé, le soleil peine à se montrer dans le ciel suisse. Ces dernières semaines, des précipitations d’une rare intensité ont arrosé les cantons de Genève et Vaud. Rares sont les Suisses voulant rester au pays avec une telle météo.

Selon une étude d’HelloSafe, seulement 18% de la population helvétique prévoit de passer ses vacances en Suisse cet été. C’est la plus faible proportion d’Europe. L’année passée, 22% d’entre eux avaient passé des vacances au pays. Le même document rapporte que l’Italie, la France ainsi que l’Espagne restent les destinations favorites et que la météo demeure le critère numéro un pour le choix des vacances. Enfin, les Suisses semblent privilégier des vacances longues, avec 2,3 semaines de voyage en moyenne. La médiane européenne, elle, se situe

Les agences de voyages ont-elles remarqué cette volonté de fuir le temps pourri de ce printemps? Pas vraiment. «En fait, les vacances d’été sont planifiées bien en avance, souvent dès janvier, explique Guillaume Pozzobon, responsable de l’agence Fert à Genève. De nombreuses personnes souhaitent partir en Sardaigne. Un fort phénomène de mode s’est développé autour de cette île.»

Forte demande pour l’automne

Par contre, l’agence note une ruée sur les vacances d’automne et d’hiver. Entre le Japon, le Vietnam, ou encore l’Afrique australe, les Suisses semblent privilégier les destinations exotiques. «Nos tiroirs sont remplis de de dossiers à traiter. Repartir lorsque les températures chutent semble être très apprécié. On note une recrudescence de demandes pour des longs voyages. En partie à cause de la mauvaise météo que l’on subit maintenant», estime Guillaume Pozzobon.

Du côté de Lausanne, on n’a pas le même regard. L’entreprise Sol Voyages juge que le temps n’influe pas trop sur les habitudes de voyage. «Par contre, il y a une vraie tendance à faire de longues vacances, relève Jean-Pierre Minuti, responsable chez Sol Voyages. J’y vois un effet de rattrapage post-Covid. Les gens s’y prennent tôt et réservent de grands voyages.»

Peu de familles partent

Cet été, les clients de l’agence privilégient la Polynésie ou Bali. Cet hiver, ils partiront plutôt à la recherche de températures clémentes, du côté du Mexique ou des Maldives. «Ce qui manque vraiment, ce sont les familles, regrette-t-il. On sent que c’est compliqué financièrement pour ce type de voyageurs. Ça me semble très corrélé à l’augmentation du coût de la vie.»

Cette envie de partir loin en automne ne fait toutefois pas l’unanimité. Chez Delta Voyages à Genève, on note peu de réservations dans ce créneau. «Cette année, la météo ne pousse pas particulièrement les gens à modifier leurs plans de vacances ou à en prévoir d’autres, juge Christine Giner, conseillère tourisme. Mais il est vrai que, par le passé, lorsque le temps était maussade, nous avons souvent eu plus de demandes.»

Petite surprise: chez Delta, les clients semblent préférer les destinations nordiques en été. Groenland, Scandinavie, îles arctiques. En revanche, tout comme chez les deux agences précédentes, les pays chauds arrivent en tête lorsqu’il s’agit de partir en automne et en hiver.

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